Partager l'article ! Le logiciel libre ? Il joue hors catégorie...: ...
Loin de moi l'idée d'être sectaire, mais j'invite les gens qui n'ont pas envie de lire de l'informatique - surtout ceux qui ont passé 9 ou 10 de ces 11 dernières heures à jurer derrière leur écran– de remettre cette lecture à plus tard. Voire à jamais. Car cela risque d'être un chouillat long. - enfin, à l'heure ou j'écris cette ligne, je ne le sais pas encore, mais vous, là d'où vous êtes, vous le voyez très clairement. -.
Cette réflexion a démarré très tôt dans ma vie, puisqu'elle remonte aux temps – immémoriaux – où, encore vêtu d'une simple peau de Gnou achetée au Mammouth – oui, je sais, aujourd'hui, cette
marque de magasin n'existe plus, pour le plus grand bonheur de ma métaphore -, je rentrai en école d'ing... eu... en école. - pas de gros mots -. Mes « profs », fiers comme
bar-tabac-brasserie, ont commencé les cours par nous enseigner les rudiments d' Unix. Ce fut un premier coup de bâton sur ma petite tête de jeune adulte imberbe. Gonflés d'arguments plus justes
et raisonnés les uns de les autres – dont je n'ai, mais alors, foutrement, aucun souvenir -, ils nous ont bourré le mou pendant quatre ans des bienfaits de ces magnifiques outils.
Malgré mon désintérêt pour ces éléments futiles – je préférai à l'époque passer mon temps à manger des pâtes en regardant des DivX piratés, activité bien plus enrichissante -, cette expérience
est restée gravée dans mes 3 octets de mémoire.
Jusqu'au jour ou elle est réapparue, sous la forme horrible d'une grosse et méchante question existentielle – attention là ça fait mal grave - : mais... pourquoi... – se référer à la chanson
pourquoi des Wriggles pour bien comprendre cette blague -. pourquoi les logiciels libres ?
Pour ceux qui ne sont pas familiers avec ces « choses », ce que j'appelle logiciel libre, c'est quoi ? Ah, mince, vlà un premier mur à franchir. - me le suis pris pleine tête celui là,
l'autre jour -.
Pour le définir, facile : un petit tour sur Wikipedia, et le tour est joué. « Un logiciel libre est un logiciel dont la licence dite libre donne à chacun (et sans contrepartie) le droit d'utiliser, d'étudier, de
modifier, de dupliquer, et de diffuser (donner et vendre – rooohhhh- ) le dit logiciel. »
Parmi les plus célèbres, vous en connaissez sûrement un : Linux, Firefox, OpenOffice, Gimp, VLC, OpenBSD, et des milliers d'autres.
Il existe plusieurs avis concernant l'existence de cette curieuse bestiole.
D'aucuns me ressortiront tout un tas d'avantages, de « bienfaits », de légèreté, de gratuité -et blablabla, gnagnagna, etc etc.-. D'autres parleront d'un miracle, du Champagne – tu
aimes ? comme dirait Martin – de l'informatique.
D'autres encore, loin, loin, sur l'autre rive, jurerons, et parlerons poliment d'excréments entassés par la célèbre loi de Newton. « Soit ».
Peu feront un mesclun de ces deux extrêmes. - par exemple, moi-même, et pourtant, je déteste la salade.
Et, histoire de ne pas me lancer des fleurs par milliers - rester humble, quoi - , j'ai assez aimé le pragmatisme de Papa Linux lui-même sur le sujet dans une interview exclusive - 1996 - ici
:
http://www.linux-france.org/article/these/interview/torvalds/pragmatist-fr.html,
Linus nous explique que parfois le logiciel commercial est une "bonne solution". Tous les gens utilisant Windows ne seraient donc pas tous des [millions d'] imbéciles manipulés ???
décevant... :(.
Demain, je rase ma barbe, c'est décidé!
Quand j'entends à l'instant mon Outlook mail sonner fébrilement – oui je sais, un Outlook mail ça ne sonne pas, mais
c'était pour la beauté de l'écrire-, une personne « anonyme » m'apprend qu'une entreprise - dont je tairai le nom ici, vous pensez bien. – a décidé, flairant la bonne affaire de
derrière les fagots, d'utiliser un logiciel libre pour créer son Intranet.
Mince. Ils ont encore frappé. Qui ça ? Les ténèbres du non-sens. Car derrière une telle démarche, se cache en réalité une croyance crétine : celle de gagner plus en dépensant moins dans les
licences.
Fichtre, bigre, diantre, nom d'une cacahuète.
En voilà une idée qu'elle est bonne dites-donc.
Ces gens n'ont rien compris.
Ce que j'écris là ne veux pas dire que le choix qu'ils ont fait n'est pas bon – il l'est peut-être.
Ni que je suis contre les logiciels libre, loin de moi cette idée saugrenue.
C'est l'approche qui est mauvaise.
Ces pauvres ânes égarés se fourrent le sabot dans l'œil - aïe.
Pourquoi ?
Parce que le Logiciel libre joue hors catégorie.
Le logiciel libre ne connaît pas la loi de la rentabilité.
Une multitude de briques attend ces petits gais-lurons.
1) La première d'entre elles est le temps à consacrer - et dieu sait si certains rapaces aiment OPTIMISER le temps passé sur quoique ce soit, à tort souvent - pour comprendre et acquérir les
compétences nécessaires à la mise en place de ces systèmes.
2) La seconde : changer les [mauvaises] habitudes des utilisateurs. Car nous le savons bien, changer ces habitudes - en particulier ces propres habitudes -, c'est comme chercher à sortir une
allumette coulée dans du béton armé. Pas si frizou que ça. Nécessite un tout chtit peu d'énergie, donc.
Mais !!! Suis-je bête. Tout cela est évidemment prévu...
Une étude de "risques" calculée, quoi : bien comme il faut, avec du papier millimétré et un Rotring.
3) Et comme j'arrive à l'apogée de mon speech, je vais vous sortir – accrochez-vous, ça tue – ma carte maître. Et comme je suis un affreux pompeur du Web, je vais rien inventer non plus. - ah, c'est beau, la licence Creative Commons -. C'est ce grand Monsieur, Dominic Humphries, qui va le faire à ma place (traduit sur http://www.commentcamarche.net/faq/sujet-7283-linux-n-est-pas-windows) :
« Le libellé de la mission de Microsoft est « Un ordinateur sur chaque bureau » - avec pour sous-entendu qu'ils doivent tourner sous Windows. Microsoft et Apple
vendent tous les deux des systèmes d'exploitation, et tous les deux font l'impossible pour s'assurer que leurs produits soient utilisés par le plus grand nombre de personnes: ce sont des
entreprises, qui doivent faire de l'argent.
Et après, il y a le LL. Ce qui, aujourd'hui encore, est presque entièrement non-commercial.
[…]
Linux ne se préoccupe pas des parts de marché. Linux n'a pas de clients. Linux n'a pas d'actionnaires, ou une quelconque responsabilité. Linux n'a pas été créé pour faire de l'argent. Linux n'a pas pour but de devenir LE Système d'exploitation le plus populaire et le plus répandu au monde.
[...]
Mais Linus Torvalds [Le créateur de Linux] ne fait pas d'argent à partir de l'utilisation accrue de Linux. Richard Stallman n'obtient pas d'argent de l'utilisation accrue de GNU. Tous ces
serveurs utilisant OpenBSD et OpenSSH ne mettent pas un centime dans les poches du projet OpenBSD. Et ainsi nous venons au plus grand problème de tout le monde quand on arrive sous Linux :
On ne se sent pas supplié de venir.
Les nouveaux utilisateurs viennent vers Linux après avoir passé leur vie sur un OS où les besoins de l'utilisateur sont primordiaux, et où les principes "facile à utiliser" et "orienté
utilisateur" sont considérés de véritables Saints-Graal. Et ils se retrouvent soudainement devant un OS qui se base toujours sur les manuels d'utilisation "man", la ligne de commande, les
fichiers de configuration à éditer à la main, et Google. Et quand ils se plaignent, on n'essaye pas de les calmer, ni de leur faire des promesses: ils se voient se faire montrer la sortie.
C'est une exagération, bien sûr. Mais c'est la manière dont beaucoup d'utilisateurs potentiels de Linux ont perçu les choses quand ils ont essayé et raté leur conversion.
D'une certaine façon, le LL a une méthode de développement très égocentrique: les gens ne travaillent que ce sur quoi ils veulent travailler, quand ça leur plaît. Beaucoup de gens ne voient aucun
intérêt à rendre Linux plus attractif pour les utilisateurs: le logiciel fait déjà ce qu'ils lui demandent, qu'en ont-ils à faire que ça ne marche pas chez les autres ?
Toute la communauté Linux veut créer un système très bon et plein de fonctionnalités, tout en étant libre et gratuit. Si le résultat est que Linux devienne un
système très populaire, alors c'est cool. Si le résultat est qu'il se crée l'interface la plus intuitive et la plus conviviale jamais créée, alors c'est cool. Si le résultat est que Linux
devienne la base pour des industries de plusieurs milliards d'euros, alors c'est cool.
C'est cool, mais ce ne sont pas les buts principaux. Le but principal, c'est de faire le meilleur SE que la communauté puisse faire. Pas pour les autres: pour soi. Les plaintes si récurrentes du
type "Linux ne sera pas prêt pour le bureau tant qu'il ne fera pas ceci ou cela" sont tout simplement hors de propos: la communauté linuxienne n'essaie pas d'être la meilleure dans le monde du
bureau. Ils n'en ont réellement rien à faire que vous en fassiez votre bureau, tant qu'il reste assez bien pour rester le leur.»
C'est pourquoi, en croyant que le logiciel libre va leur rapporter gros, toutes les entreprises qui misent dessus -en espérant se faire du blé- sans en comprendre le sens, se plantent.
Ainsi, beaucoup se retrouveront comme un bonhomme à poil au milieu d'un magasin de bricolage, en demandant aux vendeurs ou est le rayon sous-vêtements. Pas facile...
Attendons donc un peu : ces gens reviendront sûrement vous voir, vous, les gens du métier, en pleurant...
« Je ne comprends pas..., ça m'a coûté plus que prévu / excusez-moi monsieur, ou sont les slips svp ?»
Peut-être même dans leur malheur trouveront-ils ce billet.
Vos commentaires !!!